J'ai entamé depuis quelques semaines une relation avec une femme qui habite une toute petite commune (4000 habitants) à une heure au moins de toute grande ville, au milieu d'une région agricole misérable, sinistrée sans même avoir été industrialisée un jour. Je traverse pour aller la rejoindre, tous les week-end, après avoir quitté mon bassin anciennement minier et sidérurgique aujourd'hui peuplé de HLM, des dizaines de kilomètres de champs, de vergers, de villages aux maisons basses, grises ou en pierre jaune ternie par le temps, dont parfois les fenêtres sont murées. Mais cette misère n'est rien ; elle est le prix à payer pour être loin de la Machine. Loin de l'époque. Elle a même quelque chose de reposant, de réconfortant : on est encore dans le vieux monde, et même en ruine il reste le plus désirable. À chaque kilomètre parcouru j'ai un peu plus le sentiment de m'enfoncer non seulement dans l'espace, mais dans le temps, de rentrer chez moi, dans cette région que pourtant je découvre, et de rejoindre l'histoire de mon pays et mes ancêtres, de retrouver quelque chose qui a été trahi, injustement et trop rapidement oublié, renié.
vendredi 5 janvier 2007
dimanche 5 novembre 2006
Explorations Psychogéographiques
J'ouvre donc cet humble blog intitulé "Explorations Psychogéographiques" sans trop savoir ce que je vais en faire. J'ai toujours aimer marcher, me promener, à la fois dans une liste restreinte de lieux favoris où je reviens encore et encore, comme pour les hanter et raviver en moins certains souvenirs – et dans des lieux totalement inconnus, inédits, où je me laisse emporter par le plaisir, l'excitation de l'exploration. Souvent je remarque que dans ces moments-là je me trouve dans des états mentaux un peu étranges, que j'aimerais approfondir et expliciter ici.
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