Visite, ce week-end, en Alsace, avec Laurence, de plusieurs châteaux, intacts ou en ruine, mais toujours en hauteur, cela va de soi, et cernés par une mer de sapins. Soleil d'hiver. Beaucoup de touristes. Il y a manifestement une vraie fascination populaire pour ces lieux. Un attachement sentimental, culturel. Et même plus fort que ça : atavique. J'avais l'impression en déambulant dans ces lieux que la foule venait obscurément y chercher un milieu naturel perdu, une organisation sociale dont elle traîne la nostalgie sans pouvoir la nommer ; et que peut-être aussi ces vieilles pierres auraient un nouveau rôle à jouer dans le nouveau moyen âge qui s'annonce.
vendredi 25 avril 2008
lundi 17 septembre 2007
Dans la montagne
Je suis allé à la messe à T... ce matin. C'était la première fois que j'y allais, et à vrai dire, même la première fois que je m'arrêtais dans ce village au lieu de simplement le traverser en voiture. L'église était belle et j'ai regretté de ne pas avoir l'occasion d'y prendre des photos ; lumineuse, avec un très beau maître-autel en bois, manifestement très ancien. Je me sentais inhabituellement bien. C'était dû à quelque chose de très spécifique à l'endroit lui-même que j'ai fini par réussir à formuler : j'avais le sentiment d'être « dans la montagne ». J'étais loin de ma ville déprimante, loin du béton, de la crasse, du bruit, loin des dégénérés, loin de la décadence, de la laideur et de la mort, que la ville en général est venue à symboliser pour moi ; j'étais là, par un dimanche matin ensoleillé dans ce village paisible, niché au creux de la montagne, entouré d'autres villages tout aussi paisibles, de vrais refuges, et c'était comme être à l'autre bout du monde, dans une zone magique, protégée, inviolable, où tout était encore intact.