C'était les champs derrière la ferme – une lumière de rêve, de mythe, d'apocalypse que les photos ne retranscrivent absolument pas, ne peuvent pas retranscrire. Je regardais les arbres au loin ; ils flottaient dans une légère brûme que transperçaient les rayons du soleil, et derrière cette porte naturelle, on devinait un champ, d'autres arbres, jusqu'à l'horizon. J'ai remercié Dieu de m'avoir conduit là, et nous avons franchi la barrière d'arbres. Tout était silencieux, et avec cette lumière si intense, on aurait dit que le monde allait nous livrer un secret. Mais il n'y avait qu'un autre champ. Nous sommes retournés à la voiture.
samedi 26 septembre 2009
Apocalypse ratée
samedi 12 septembre 2009
Le Bas-chemin
Promenade le long de la piste cyclable, ce matin. Il faisait doux, tout était paisible et réconfortant. Une balade de dimanche matin comme je les ai toujours aimées. Pour la première fois j'ai réalisé qu'il y avait un AUTRE chemin, parallèle à celui que j'emprunte comme chaque promeneur, goudronné, bien dégagé, coincé entre la voie ferrée (inaccessible, grillagée) et des fourrés épais, inextricables. Cet autre chemin se situe en contrebas, derrière les fourrés ; il est quasiment invisible mais bien réel. Il est sombre, inutilisé, plus on avance, plus les haies et les arbrisseaux entrelacés, aux branches tortueuses, griffues, menaçantes, en interdisent l'entrée aux curieux. Mais il est incroyablement attirant. On soupçonne qu'il mène à des choses sombres mais inédites. C'est presque une métaphore involontaire, dans le paysage, des deux chemins qu'un homme peut prendre dans sa vie.
vendredi 17 juillet 2009
Zone morte
J'aime de temps à autres me bercer avec l'idée que je vais explorer ma région pour découvrir des lieux, des gens, des choses. Mais jusqu'ici je n'ai qu'une impression, à chaque fois identique, que je sois dans un village quelconque que j’explore, ou au bord du canal, ou encore dans la forêt.
La réalité, c'est la route, les rues, les quartiers pavillonnaires, les zones commerciales. La campagne, y compris ses zones habitées, n'est plus qu'un décor vide, en aucun cas un lieu de vie et d’activité. J'aimerais avoir tort et espère être un jour détrompé au fur et à mesure de mes balades, mais c'est une impression extrêmement puissante ; plus qu’une impression, une constatation, même si je ne puis exclure qu’il en soit différemment ailleurs dans d’autres régions de France.
Corollaire à tout cela : si la campagne n'est plus qu'une zone morte et qui n'appartient plus à la réalité, alors s'y promener est comme se promener dans un rêve, à la rencontre de soi-même, de ses propres représentations et fantasmes.
lundi 23 mars 2009
Club canin
En m'arrêtant, en voiture, pour prendre en photo un club canin plus ou moins abandonné qui m'a toujours fasciné quand je le longeais en voiture, le tout sous un soleil de plomb, je réalise que j'aurais mieux fait de ne jamais m'arrêter et de me contenter du fantasme.
Pendant quelques semaines j'ai eu le projet d'explorer ma région, sur une base à la fois méthodique (étude de la carte, etc) et abandonnée à l'intuition, au hasard ; notant des noms de localité, ou des lieux précis (la scierie à la sortie de tel village) au fil de mes trajets en voiture. J'ai arrêté ça au bout de quelques séances photo. Un malaise inexplicable, une tristesse. J'ai compris quelques temps plus tard que ces lieux n'avaient de charme, de mystère, que tant qu'ils restaient des éléments d'une histoire potentielle, dans ma tête. Dès que je me rends sur les lieux pour les prendre en photo, leur néant me saute au visage. Ce sont des lieux qui n'ont rien à me dire, qui n'ont aucune place dans ma vie. Je n'ai rien à y faire.